La Dolce Vita:" C'est une grande satisfaction"

Après quinze ans d'attente et parfois de déconvenues, le nouveau cinéma d'Andernos est devenu une réalité. La première pierre de La Dolce Vita a été scellée lundi 15 octobre au coeur de la ville. Et pour un long bail. L'ouverture du complexe est  théoriquement fixée au mois d'octobre 2019. Jean-Yves Rosazza a mené le projet: le maire d'Andernos-les-Bains se félicite de son aboutissement, car le parcours accompli n'aura pas toujours ressemblé à un long fleuve tranquille... 

L'attente de toute une ville

 "C'est une grande satisfaction  d'être parvenu, ainsi qu'avec mon équipe municipale, à boucler ce projet de cinéma, et ce en quatre années, dit-il. Encore a-t-il  fallu tenir compte des inévitables recours en justice qui ont contribué à l'allongement des délais de réalisation, de près de deux ans.

"La décision s'est faite très vite, dès 2014, en début de mandature. Le projet a été repris à zéro, avec l'intention de créer un cinéma incluant une vraie salle de spectacles au coeur de la ville, qui plus est sur un endroit constructible, en compatibilité avec le plan d'occupation des sols (PLU) d'Andernos-les-Bains. Le lieu désigné - l'ancien stade Jean-Marcel-Despagne - appartient au patrimoine communal; il a accueilli les rencontres de football, du théâtre en plein air et des éditions du Festival de jazz...

"Ce choix a permis de préserver le foncier. L'objectif étant de disposer d'un espace susceptible d'accueillir un cinéma et son aire de stationnement. La centralité du site a été un élément prépondérant, notamment de l'avis des commissions départementale et nationale d'aménagement cinématographiques qui ont statué en faveur du projet andernosien.

 " Ce nouveau cinéma  de quatre salles correspond bien à l'attente de toute une ville qui a connu la tradition du cinéma et longtemps disposé de deux salles, Le Miami et Le Rex, encore exploité".

La commission nationale d'aménagement  cinématographique (CNAC) établit à 1,47 entrées/an l'indice de  fréquentation de la zone d'influence géographique (ZIC), et le qualifie de "très faible" (1). En regard du potentiel démographique de la zone concernée [Nord-Bassin et Sud-Médoc], ne pêche t-on pas par excès d'optimisme en portant l'indice ZIC à 4,4 entrées/an, ce qui équivaudrait à quasiment quadrupler la fréquentation actuelle du Rex? 

Il y a  60 000 personnes concernées par le cinéma sur le seul territoire de la Communauté d'agglomération du Bassin d'Arcachon-Nord (Coban). Tripler, voire plus, la fréquentation du nouveau cinéma me paraît évident. On sera même au dessus de ces projections. L'équipement cinématographique va plaire, son emplacement en coeur de ville est attractif. Ce sera bien sûr un lieu de partage très vivace. Il permettra aussi de pérenniser l'exploitation actuelle du Rex, qui reste fragile comme beaucoup de cinémas de proximité.

L'un des enjeux culturels de La Dolce Vita visera une meilleure diversité de programmation. Il y a là aussi  une attente. Quelle pourrait être la part réservée aux films d'art et essai?

Nous tablons, ainsi que l'exploitant, sur un quota de
40 % réservé aux films d'art et essai et films étrangers. Ce qui n'était pas le cas jusque-là au Rex, salle mono-écran.  Les quatre salles de La Dolce Vita  vont  donc permettre de proposer une programmation bien supérieure.

L'ouverture du cinéma La Dolce Vita  est prévue au mois d'octobre 2019. Reproduction Tremège.
L'ouverture du cinéma La Dolce Vita est prévue au mois d'octobre 2019. Reproduction Tremège.

Jean-Yves Rosazza, maire d'Andernos: " C'est une grande satisfaction, pour moi ainsi que pour mon équipe,  d'être parvenus à boucler le projet  de cinéma en quatre ans. Photo M. M.
Jean-Yves Rosazza, maire d'Andernos: " C'est une grande satisfaction, pour moi ainsi que pour mon équipe, d'être parvenus à boucler le projet de cinéma en quatre ans. Photo M. M.

Quels objectifs vous êtes-vous fixé pour l'animation de la salle de  cinéma-spectacles intégrée à La Dolce Vita et dont la municipalité à assuré le financement et en conduira la gestion? 

 Il y avait une véritable opportunité que de pouvoir disposer d'une salle de spectacle, apportant une autre dimension culturelle. D'ailleurs, il n'est pas exclu non plus que nous ayons besoin à l'avenir d'un nouvel équipement sur un autre site.

Il y  aura donc à La Dolce Vita entre 16 et 20 dates par an selon une programmation cohérente, associant la danse, la musique ou le théâtre. Nous allons  rapidement mener une réflexion quant à savoir si l'exploitation  de cette salle de 380 places  en configuration "théâtre" relèvera d'un service en régie ou par délégation. D'éventuels  partenariats avec  des sociétés  de production pourraient être une piste envisageable: cela permettrait d'accueillir d'autres spectacles, par exemple pour des comités d'entreprise. Toujours est-il que  nous lancerons la première saison. Nous songeons à confier le spectacle d'ouverture aux Frères Brothers, groupe musical aux attaches andernosiennes.

Une cinquième salle?

Une coque vide, en réserve, figure sur les plans de La Dolce Vita. S'agira-t-il à terme d'une cinquième salle?

L'exploitant  Veo-Cinémas décidera de sa future affectation. J'ai visité ses salles à Tulle (19) et au Muret (31) qui, elles aussi, disposaient d'une coque vide. Elles ont été aménagées en salles de cinéma supplémentaires. En ce qui concerne La Dolce Vita, il s'agit d'une prévision convenable.

La centralité assumée du futur cinéma est à la fois un atout mais aussi source de possibles difficultés en terme de capacité d'accueil et de sécurité, notamment pour les accès au parking?

Un parking de 200 places sera aménagé. Je pense qu'il n'y a aura pas de problèmes de stationnement pour la fréquentation propre au cinéma.  Cela dit, la conjonction d'une soirée spectacle avec la fréquentation du cinéma ferait que cela pourrait "coincer". Des parkings de délestage existants à moins de 150 mètres, notamment autour du parc du Broustic pourront remédier à l'insuffisance de places de stationnement...

Par ailleurs, les  bâtiments  désaffectés de La Lyonnaise des Eaux à proximité de l'ancien stade pourraient permettre une éventuelle extension du parking.

Le Rex fermera en 2019. La Ville est propriétaire des murs qui abritent le cinéma. Qu'adviendra t-il de la salle?

Nous devrons étudier toutes les pistes. Convertir le lieu en salle de réunion? Cela n'est pas évident. L'ensemble est très ancien et nécessiterait d'importants travaux.  Transformer le cinéma en salle de théâtre? En confier l'exploitation à un privé? Il existe aussi la solution d'y créer un espace commercial...

 

Recueilli par Michel Mahler

(1) Il s'agit du rapport/nombre d'entrées par an et par habitant. L'indice moyen national est de 3,57. La fréquentation du cinéma Le Rex est estimée  entre 40 000 et 50 000 spectateurs par an. 

 



Premier clap pour le nouveau cinéma

 La pose symbolique de la première pierre du nouveau cinéma La Dolce Vita s'est déroulée lundi 15 octobre, sur le site de l'ancien stade de football Jean-Marcel Despagne. Jean-Pierre Villa, président du réseau occitan Veo Cinemas,  attendait ces instants "depuis quatorze ans", a-t-il rappelé. "Cette aventure a demandé de la patience, de la détermination. Mais on peut dire que la Dolce Vita est née sous une bonne étoile; le site en coeur de ville était le meilleur choix et donne un sens au développement du territoire urbain. Il appartiendra aux Andernosiens de s'approprier ce cinéma".

La pose de la première pierre du nouveau cinéma La Dolce Vita par Jean-Yves Rosazza, maire d'Andernos-les-Bains, Jean-Pierre Villa, président de Veo-Cinémas (deuxième à partir de la gauche). Photo Les Toiles du Bassin
La pose de la première pierre du nouveau cinéma La Dolce Vita par Jean-Yves Rosazza, maire d'Andernos-les-Bains, Jean-Pierre Villa, président de Veo-Cinémas (deuxième à partir de la gauche). Photo Les Toiles du Bassin